Bible / Matthieu lu à l'envers
MàJ 1 octobre 2026

L'évangile de Matthieu lu à l'envers

L’Évangile de Matthieu est rude. Sa violence apparente culmine avec la dernière parabole, celle du jugement dernier, qui a été largement représentée sur les tympans de nos cathédrales : d’un côté les démons qui prennent plaisir à torturer, et de l’autre les élus sereins.

Depuis mon adolescence, je cherche à le comprendre, insatisfait de l’acceptation passive que je percevais chez les chrétiens qui m’entouraient : pour eux, la Parole de Dieu ne se discutait pas.
J’ai écouté nombre d’homélies. J’ai lu ce que disent les Pères de l’Église et les spécialistes. J’y ai trouvé quelques éclairages, corsetés par une défense a priori des exégèses classiques. Comment trouver des réponses à des questions que l’on n’ose pas se poser ? Il y a vingt ans, j’ai choqué mon curé en m’étonnant que le « Seigneur » de la parabole des talents reproche au 3ème serviteur de n’avoir pas placé son argent à la banque. « Cela fait partie des fioritures nécessaires quand on raconte une histoire », m’a-t-il dit, « c’est la pointe de la parabole qu’il faut retenir ».
J’ai pris au sérieux chaque mot, chaque image. J’ai scruté le vocabulaire grec du texte original, j’ai fait des correspondances avec les autres textes bibliques, j’ai un peu regardé l’hébreu. D’autres lumières sont alors venues, inhabituelles. Parfois, je comprenais mieux un détail. Parfois, je « renversais la table », prenant le contre-pied d’interprétations largement partagées. Certains, prenant le temps de chercher avec moi, étaient intéressés. D’autres restaient dans leur sillon.

Au point où j’en suis, une approche texte par texte ne suffit plus. J’ai besoin, pour moi-même d’abord, de vérifier la cohérence globale de ce que je crois avoir compris. C’est le but de cet essai.

Le résultat, un petit livre téléchargeable (octobre 2026), est décapant. Le Christ est beaucoup plus révolutionnaire que moi !

L'évangile de Matthieu lu à l'envers